« Wissam Ben Yedder entre dans le cercle très fermé des vrais manieurs de ballon »

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À 28 ans, Wissam Ben Yedder est au zénith de sa carrière. Passé par des routes sinueuses pour devenir footballeur professionnel, l’ancien joueur de Futsal a beaucoup travaillé pour arriver au niveau qui est le sien aujourd’hui. Lorsque l’on évoque Wissam Ben Yedder, on parle du quatrième meilleur buteur français depuis la saison 2012-13 toutes compétitions confondues (derrière Griezmann, Lacazette, Benzema et devant Giroud), du deuxième meilleur buteur français cette saison derrière Kylian Mbappé, de l’actuel deuxième meilleur buteur de la Ligue Europa derrière Olivier Giroud (8 buts) et du quatrième meilleur buteur de la Liga Santander avec 15 buts. L’ancien Toulousain a pris une nouvelle dimension cette saison, pour sa troisième année en Espagne.

Décisif dans les grands rendez-vous, Wissam Ben Yedder a gagné en régularité, comme nous l’explique Omar Da Fonseca, qui se régale à chaque match du français et n’hésite pas à l’interpeller sur Twitter. Pour lui, si l’attaquant marque autant de buts cette saison, c’est qu’il est bien entouré et que Séville joue pour et avec lui. « Il joue avec Sarabia, avec Jesus Navas et aussi avec André Silva en attaque. Lui ne peut pas jouer comme un référent, comme un Diego Costa. Tu ne peux pas l’isoler. Tu ne peux pas lui donner une balle dans le corps à corps. Il n’aime pas qu’on lui souffle dans la nuque. C’est un joueur qui rentre plus dans le côté associatif et la plupart des buts qu’il marque, ce sont des buts où il y a une construction. Aussi, la plupart des buts qu’il marque ont une espèce de délicatesse, c’est toujours raffiné. C’est très rare que le mec ferme les yeux et qu’il mette une mine. Il fait toujours une petite feinte, un crochet. C’est un joueur qui a un centre de gravité très bas, il a des cuisses bien installées et des appuis solides. »

« Wissam Ben Yedder ? je trouve qu’il a un peu l’air d’un Messi »

Pour ce grand spécialiste du football hispanique, que vous pouvez retrouver tous les jeudi en deuxième partie soirée dans son émission « Omar c’est foot » sur BeIN Sports 1, Wissam Ben Yedder est un attaquant qui dénote dans le football moderne. « On ne peut pas le considérer comme un pur buteur, ça serait le réduire, et tu ne peux pas dire non plus qu’il n’est qu’un meneur de jeu », explique-t-il avant d’aller plus loin dans l’analyse : « je trouve que maintenant dans le football il y a une certaine culture de l’intensité et l’aspect physique chez les avants-centres tels que Diégo Costa, Luis Suarez, Alvaro Morata, tous ces attaquants qui aiment la friction. Lui est à contre-courant. C’est un faiseur de beauté à travers les qualités qui lui appartiennent » .

Des qualités que l’ancien joueur du PSG n’hésite pas à comparer à celles de son compatriote du FC Barcelone, Leo Messi. « C’est quelqu’un qui, de par sa formation de joueur de Futsal, l’habilité qu’il a, sa conduite de balle pied droit pied gauche, impressionne. Pour pouvoir se libérer du marquage, ce n’est pas toujours suffisant de courir tout le temps. Lui arrive à trouver l’espace dont il a besoin. La manière qu’il a de courir, il a les fesses costaudes, en arrière. Dans la manière dont il conduit le ballon parfois, et dans sa protection de la balle, je trouve qu’il a un peu l’air d’un Messi. Moi j’adore quand il conduit la balle. Toujours avec autorité. La balle, lui et l’adversaire. Lui toujours au milieu, avec une espèce de protection. Il a une formidable beauté gestuelle. Le foot espagnol lui appartient. Peut-être qu’il pourrait aller dans un club d’un autre niveau. »

« Comme Karim Benzema, Ben Yedder est trop fort pour le poste de buteur »

Malgré des statistiques impressionnantes, l’attaquant de 28 ans est relativement sous-coté. Omar Da Fonseca, qui n’aime pas trop cette notion, croit savoir pourquoi. « Lui, comme Karim Benzema, ce sont des joueurs trop forts par rapport au poste de buteur. Car ce sont des joueurs qui savent tout faire. Ils peuvent dribbler, ils peuvent venir jouer dans les intervalles. Ils ont un contact avec la balle proche de l’excellence. Ces caractéristiques sont tellement belles que parfois, pour nous les spectateurs, c’est magnifique. Mais pour certains clubs, c’est peut-être difficile d’imaginer de les associer avec un avant centre net et précis. » De quoi peut-être expliquer pourquoi le FC Barcelone et le Real Madrid n’ont pour le moment jamais fait de l’attaquant français une priorité, souligne Omar Da Fonseca.

« J’aimerais beaucoup voir jouer Ben Yedder au Barça ou au Real Madrid. Ben Yedder il peut jouer comme un deuxième attaquant avec Suarez, il peut jouer pourquoi pas à la place d’un Coutinho, il peut devenir un joker au Barça. Au Real Madrid, ils ont sans doute décidé de foncer sur des Eden Hazard ou des Harry Kane. Peut être que ce n’est pas vraiment tape-à-l’œil de prendre Ben Yedder, car les grands clubs ne pourront pas faire beaucoup de couvertures de journaux en disant qu’ils vont prendre Ben Yedder par rapport à plein d’autres galactiques ou stars du foot qu’ils veulent faire venir. C’est dommage parce que je pense et je suis convaincu que de par ses qualités intrinsèques de footballeur, il entre dans le cercle très fermé des vrais manieurs de ballon. Des joueurs qui savent tenir la balle. Il peut jouer dos au but, il est altruiste, c’est un joueur qui peut être au début, au milieu et à la fin d’une action. Et ça ce n’est pas donné à beaucoup de joueurs dans le football actuel. »

« Je préférerais voir mille fois Ben Yedder que d’autres attaquants en équipe de France »

Voilà qui pourrait également expliquer son absence chez les Bleus. Une sélection qui continue de se refuser à lui, Didier Deschamps ayant fait d’autres choix pour les prochaines rencontres disputées face à la Moldavie et l’Islande. Une décision difficile à prendre pour le sélectionneur, qui a souligné les bonnes choses réalisées par le joueur avec Séville. Pour le truculent Omar Da Fonseca, qui rêverait de voir WBY en Bleu, son absence ne vient pas de ses qualités intrinsèques, mais plutôt de son apport dans le système de l’équipe de France. « Moi je préfère mille fois le voir lui que d’autres attaquants en équipe de France. Après, on rentre dans le pur cadre de la stratégie du système, de l’organisation. De tout ce qui représente la planification d’une équipe, d’un groupe. Personne et pas même Didier Deschamps ne peut dire que Ben Yedder ne sait pas jouer au football et il est, selon moi, très proche par moment de ce que fait Lionel Messi. À mon avis, ce n’est pas le joueur qui est mis en doute, mais plutôt son apport dans un système défini. »

Qu’importe, Wissam Ben Yedder garde toujours l’équipe de France dans un coin de la tête. Celui qui s’était montré reconnaissant de faire partie de la liste des 11 « suppléants », avant le Mondial en Russie, n’entend pas lâcher l’affaire et va se battre pour retrouver les Bleus, qu’il a connus lors de sa seule et unique cape à l’occasion du Colombie-France, le 23 mars 2018. Et s’il n’a pas encore les faveurs de Didier Deschamps, il a déjà conquis le cœur des supporters sévillans et de l’ancienne idole du club Davor Suker. L’ancienne star croate, qui totalisait depuis plus de 20 ans le record de triplés inscrits pour le club sévillan vient d’être dépasse ce week-end par WBY qui en totalise désormais cinq. Pas de quoi ébranler l’ancien meilleur buteur du mondial 1998, qui ne tarit pas d’éloges sur celui qui lui a succédé à la pointe de l’attaque du FC Séville. « Je me réjouis pour lui, j’espère qu’il continuera à battre des records pour rendre Séville encore plus grand. »

Quel avenir pour le joueur de 28 ans ?

Une question reste cependant en suspens, Wissam Ben Yedder doit-il quitter le FC Séville pour gagner en visibilité ? Difficile à dire. Le club andalou vient de limoger son entraîneur, Pablo Machin, et c’est Joaquin Caparros, ancien directeur technique du club, qui a pris sa succession sur le banc. Un nouvel entraîneur qui reste à apprivoiser. Mais il ne fait aucun doute que les performances du natif de Sarcelles (95), en fin de contrat en juin 2021, n’ont pas échappé aux cadors européens. Selon nos informations, des équipes de calibre supérieur au FC Séville l’ont dans leur ligne de mire et les 40 M€ de sa clause libératoire apparaîtraient presque comme une belle affaire à réaliser lors du prochain mercato estival.

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