Culture Foot : Ce que vous ne savez pas sur l’histoire du Camp Nou

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Le stade du FC Barcelone est mythique, en tout point de vue. Déjà parce qu’il accueille l’une des plus incroyables équipes de football au monde, et tous ses joueurs phénoménaux qui la compose ; mais aussi parce que cette infrastructure est le témoin du passé d’une région à l’identité très marquée. Retour historique sur le Camp Nou, que tous les fans de football rêvent de voir une fois dans leur vie.

Le Camp Nou, plus que tout autre stade, est chargé d’histoire. Pas seulement de celle de son club, mais celle de sa région, et de son pays. Il est l’un des fiefs de l’identité forte en quête d’Indépendance de la Catalogne. Par exemple, à chaque match, à un moment précis, l’ensemble du stade se met à crier “In – Inde – Independencia !”, avec plus ou moins de ferveur selon l’adversaire ou l’enjeu du match. Cette clameur intervient lorsque le compteur affiche 17 minutes et 14 secondes, en référence à l’année 1714. Le 11 septembre de cette année-là, Philippe V d’Espagne s’était emparé de la ville, et la Catalogne perdit son indépendance.

Un autre symbole de l’identité propre à la région du Nord-Est de l’Espagne se situe juste à côté des vestiaires. En effet, comme le Groupama Stadium à Lyon, ou le Goodison Park d’Everton, le Camp Nou a la particularité d’abriter une chapelle. Ce lieu de culte, réservé aux joueurs et membres du club, abrite Sainte Marie de Montserrat, patronne de la Catalogne.

Ce n’est pas la seule particularité de cette œuvre architecturale aux 3.500 mètres carrés. Le musée le plus visité de la seconde ville d’Espagne en terme d’habitants est… le celui du club ! Pas moins d’1,2 million de visiteurs viennent chaque année admirer les maillots et chaussures portés par d’anciennes gloires du club Blaugrana, l’impressionnante salle des trophées, ou bien des œuvres d’art de Dali ou Miro sur le thème du sport.


D’autres terrains avant le Camp Nou

Mais avant d’évoluer dans son enceinte actuelle, le FC Barcelone a joué sur pas moins de sept autres terrains depuis sa création en 1899. L’un est d’ailleurs à l’origine d’un surnom des supporters des bleus et grenats. De 1909 à 1922, le Barça évolue au Camp del carrer Industria, surnommé “l’Escopidora”. Les spectateurs regardaient leurs joueurs favoris assis sur des balustrades en hauteur. Ainsi, les passants derrière le stade apercevaient une rangée de postérieurs, d’où les “Culés”, surnom encore utilisé aujourd’hui.

Cependant, les 6000 places de ce stade ne sont plus suffisantes. Ils déménagent donc au Camp de les Corts à partir de 1922, leur dernière maison avant le mythique Camp Nou. Si les tribunes peuvent accueillir 30 000 spectateurs, puis jusqu’à 60 000 avec les rénovations, cela se suffit plus. Le club connaît après la guerre l’une de ses premières périodes fastes, en remportant le championnat d’Espagne en 1945, 1948 et 1949. 

L’arrivée d’un seul joueur va faire basculer le destin des infrastructures du club catalan. En 1950, lorsque les dirigeants enregistrent la venue de l’une des plus grandes stars de l’époque, le joueur hongrois László Kubala. Devenue l’une des équipes les plus influentes d’Europe, le FC Barcelone dévide d’emménager dans une arène digne de ce nom.


Un stade très vite devenu mythique

C’est alors qu’il quitte le stade surnommé le “Camp Veill” (“le vieux terrain”, en Catalan) pour el Estadi del FC Barcelona, surnommé le Camp Nou (“nouveau terrain”). Ce n’est cependant qu’en 2000 que le stade prendra officiellement le nom sous lequel il est désormais connu. 

L’inauguration a lieu le 24 septembre 1957, et l’archevêque de Barcelone, Monseigneur Gregorio, va y tenir une messe solennelle pour bénir le lieu. Dans la même journée, l’équipe baptise son tout nouveau stade, en s’imposant devant Varsovie 4-2, devant près de 90 000 spectateurs. Le Camp Nou est alors, et est toujours, le stade à la plus grande capacité en Europe, avec 99 354 sièges.

Son point d’orgue en matière de nombre de spectateurs est atteint après le mondial organisé par l’Espagne en 1982. Les agrandissements ont ainsi permis quatre ans plus tard à 120 000 fans d’assister à la victoire de leur équipe en quart de finale aller de la ​Ligue des Champions, 1-0 face à la Juventus. Pour des raisons de sécurité, la capacité sera ramenée à 99 000 places assises dès 1994.


Le théâtre de nombreux matchs mythique, mais pas que

Ce terrain, de par l’équipe dont il est la maison, mais aussi de par sa contenance, a accueilli plusieurs matchs rentrés dans l’imaginaire collectif. Par exemple, deux finales du plus prestigieux trophée européen s’y sont jouées. En 1989, lorsque le Milan AC a vaincu les Roumains du Steaua Bucarest 4-0 ; et en 1999, lorsque ​Manchester United a défait le Bayern Munich 2-1. Il a aussi accueilli quelques matchs de la Coupe du Monde de 1982.

Mais nul doute que le match ayant marqué l’histoire récente du ​FC Barcelone n’est autre que la déjà légendaire “Remontada”. Personne n’a oublié cette remontée que seuls les joueurs Barcelonais pensaient possible, et cette victoire 6-1 face au ​Paris Saint-Germain après la défaite 4-0 au match aller au ​Parc des Princes.

Seulement, puisque ce stade peut accueillir autant de monde, il a servi dans d’autres domaines que le sportif. Par exemple, le Pape Jean-Paul II y a donné une immense messe devant 120 000 personnes le 7 novembre 1982.

Il a aussi servi de salle de concerts pour d’illustres stars, tel que Michael Jackson, Frank Sinatra, Julio Iglesias ou bien U2, entre autres. Ainsi, ce stade tient à cœur autant aux fans de football qu’aux religieux, ou bien aux mélomanes.



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